La Flandre a encore du chemin à parcourir en matière d’agriculture biologique. BioForum, l’organisation sectorielle pour l’agriculture et l’alimentation biologiques en Flandre, a pour mission de contribuer au développement du bio en défendant les intérêts du secteur et en conseillant les agriculteurs, les entreprises alimentaires et les magasins proposant une offre bio. Food in Action s’est entretenu avec Lisa Benoot (conseillère auprès des entreprises alimentaires) et Tom Wouters (chargé de communication) de BioForum afin de faire le point sur le secteur bio en Flandre.
L’agriculture biologique : les bases
Lisa Benoot : « L’agriculture biologique repose sur le respect de la nature et de l’être humain. Elle accorde une attention particulière à la santé des sols, à la biodiversité, au bien-être animal et à la justice sociale (comme une rémunération équitable pour les agriculteurs).
Le terme « bio » est également protégé par la loi. La production et la transformation des produits biologiques doivent respecter la législation européenne en matière d’agriculture biologique. Ainsi, l’agriculture biologique n’utilise ni engrais artificiels ni pesticides chimiques. Lors de la transformation des produits biologiques, le nombre d’additifs autorisés est limité et l’ajout d’arômes, de colorants ou d’exhausteurs de goût artificiels est interdit. »
Quelques chiffres
En 2025 1, 2:
- 3 % d’exploitations agricoles certifiées bio en Flandre
- 1,7 % de surface agricole certifiée bio en Flandre
- 15,2 % d’exploitations agricoles certifiées bio en Wallonie
- 12,1 % de surface agricole certifiée bio en Wallonie
- Part de marché des produits biologiques en Belgique : 4,4 % (3,3 % en Flandre et 5 % en Wallonie et à Bruxelles)
La valeur ajoutée de l’alimentation biologique
Lisa Benoot : « Plusieurs études ont porté sur les produits issus de l’agriculture biologique. Les autorités européennes chargées de la sécurité alimentaire ont ainsi constaté que les produits biologiques contiennent moins de résidus de pesticides que les produits conventionnels3. Les fruits biologiques, par exemple, contiennent en moyenne 100 à 150 fois moins de résidus de pesticides4. Une méta-analyse5 portant sur 343 études montre que les céréales, les fruits et les légumes biologiques contiennent 20 à 40 % d’antioxydants en plus et que les produits issus de l’agriculture biologique contiennent 18 à 69 % de métabolites secondaires (tels que les polyphénols et les salvestrols) en plus. Ces métabolites secondaires ont un effet antioxydant chez l’être humain.
Etant donné que l’alimentation bio ne contient que peu ou pas de résidus de pesticides, elle peut présenter une véritable valeur ajoutée pour certains groupes de population comme les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes qui souffrent de problèmes de fertilité et/ou hormonaux.
Mais attention : le simple fait de passer au bio ne suffit pas. Il faut également avoir une alimentation équilibrée. Si quelqu’un ne mange que des biscuits bio, ce n’est bien sûr pas sain. Chacun doit prendre ses responsabilités et examiner la composition de son régime alimentaire. Les diététiciens jouent ici un rôle important. »
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L’alimentation biologique : plus accessible qu’on ne le pense
Tom Wouters : « Les produits bio peuvent en effet parfois être plus chers que les produits conventionnels. C’est lié aux coûts de production. Étant donné que les engrais chimiques et les pesticides sont interdits, le rendement est plus faible et l’entretien des cultures prend plus de temps. Les coûts de production sont donc plus élevés, ce qui se répercute sur le prix.
Mais si l’on compare le prix des produits conventionnels et bio, on constate que la différence n’est finalement pas si grande pour certains produits. Il ne faut pas non plus remplacer d’emblée tous les aliments conventionnels par des produits bio. On peut commencer par remplacer un ou deux produits, comme les œufs par exemple. On peut aussi privilégier les circuits courts. Les magasins à la ferme proposent généralement un assortiment de fruits et légumes plus large que les supermarchés. Et les prix y sont souvent inférieurs à ceux pratiqués en supermarché. »
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L’avenir de l’agriculture biologique
Tom Wouters : « Si l’on prend l’exemple de pays comme l’Autriche et le Danemark, où l’agriculture bio représente environ 20 %, nous atteindrons ce niveau d’ici 10 à 15 ans. Nous aspirons à des systèmes alimentaires plus durables, mais nous n’adoptons pas une vision polarisée. Chaque pas compte : si des agriculteurs conventionnels décident de ne plus utiliser de pesticides, nous ne pouvons que nous en réjouir. Nous constatons d’ailleurs que de plus en plus de techniques issues de l’agriculture bio se répandent dans l’agriculture conventionnelle. Nous laissons aussi le secteur bio se développer de manière organique. Comme nous sommes encore un secteur relativement restreint, il est important de continuer à bien harmoniser l’offre et la demande de produits bio. »
Pour plus d’informations sur BioForum, rendez-vous sur : www.bioforum.be
1. https://www.bioforum.be/nieuws/biorapport-toont-lichte-groei-van-de-vlaamse-biosector
Sources
2. https://www.biowallonie.com/documentation/etudes-statistiques/chiffres-du-bio/
3. European Food Safety Authority (EFSA). The 2021 European Union report on pesticide residues in food. https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2025.9398
4. Dallaporta B, Gentil-Sergent C, Lacarce E, Cisowski F, Vidal R, Sautereau N. 2024, Note synthétique | Quantification des externalités de l’Agriculture Biologique, 2024, ITAB, 4p. QUANTIFICATION DES EXTERNALITES DE L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE
5. Barański M, Srednicka-Tober D, Volakakis N, Seal C, Sanderson R, Stewart GB, et al. Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses. Br J Nutr 2014;112:794-811.