Une vaste étude sur l’alimentation végétale rapporte que le degré de transformation s’avère un piètre facteur prédictif de la santé à long terme, alors que la qualité nutritionnelle de l’alimentation l’est.
C’est un débat qui fait rage, celui des aliments ultra-transformés : ils sont devenus l’ennemi tout désigné pour les uns, parce que de nombreuses études observationnelles ont rapporté des associations entre la part d’aliments ultra-transformés (AUT) dans l’alimentation et la survenue d’une longue liste de problèmes de santé. Mais pour d’autres, ces études ne prouvent pas l’existence d’un lien causal entre le degré de transformation et ces problèmes de santé, d’autant que la définition (et donc le classement) des AUT n’est pas des plus précises. On sait qu’une grande partie des AUT présente une mauvaise qualité nutritionnelle, avec notamment une richesse en énergie, graisses saturées, sucres et/ou sel. Mais certains AUT peuvent présenter un profil nutritionnel intéressant. Qu’est-ce qui importe le plus : degré de transformation ou qualité nutritionnelle ?
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Végétal sain ou malsain, ultra-transformé ou pas
C’est pour apporter des éléments de réponse à cette question débattue que le département de Nutrition de l’École de Santé Publique de Harvard T.H. Chan a mené une vaste recherche. L’étude porte sur 160 690 infirmières et 45 585 hommes professionnels de la santé et s’est focalisée sur le végétal et le degré de transformation. Les investigateurs ont élaboré différents scores pour examiner les associations entre le caractère végétal de l’alimentation (en distinguant le végétal « sain » et « malsain » en fonction de la qualité nutritionnelle), le caractère ultra-transformé ou non et le risque de maladies cardiovasculaires (MCV), de diabète de type 2 (DT2) et de mortalité.
Les résultats ont été présentés par Xiaowen Wang, chercheuse à l’École de Santé Publique Harvard T.H. Chan, à l’occasion de NUTRITION 2026, le congrès annuel phare de l’American Society for Nutrition (qui s’est tenu du 25 au 28 juillet à National Harbor, dans le Maryland).
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La qualité nutritionnelle prime sur l’ultra-transformation
Les résultats montrent qu’une alimentation fortement végétale non ultra-transformée, comme une alimentation fortement végétale ultra-transformée, sont toutes deux associées à un risque significativement plus faible de MCV, de DT2 et de mortalité. En revanche, une alimentation végétale malsaine, qu’elle soit ultra-transformée ou non, se révèle associée à une augmentation significative du risque de MCV et de DT2. L’alimentation végétale malsaine et ultra-transformée est, quant à elle, associée à une augmentation de la mortalité.
Les auteurs concluent logiquement que les associations entre les alimentations végétales saines ou malsaines avec les MCV, le DT2 et la mortalité ne semblent pas dépendre du degré de transformation, et que ces résultats mettent en lumière l’importance critique de la qualité de l’alimentation dans les risques de maladies chroniques cardiométaboliques majeures.
Précisons que cette étude s’est focalisée sur le caractère végétal de l’alimentation, et que ses conclusions ne peuvent pas être extrapolées à toutes les catégories d’aliments. Mais elle fait ressortir un aspect important qui reste trop souvent dans l’ombre du débat : manger peu transformé n’est pas bon pour la santé si la qualité nutritionnelle n’y est pas !
Voilà qui devrait permettre de recentrer le débat sur ce sujet devenu très médiatique, souvent plus idéologique que purement scientifique, sur l’importance de la qualité nutritionnelle, qui n’est absolument pas prise en compte dans le score NOVA.
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