Plus discret que le microbiote intestinal, le microbiote buccal joue un rôle dans la santé bucco-dentaire. Dans quelle mesure l’alimentation influence-t-elle la nature de ce microbiome ? Cette revue systématique fait le point.
Le microbiote buccal est organisé en biofilms structurés qui interagissent avec l’hôte et contribuent au maintien de l’homéostasie buccale. Comme dans le cas du microbiome intestinal, il détermine la résistance à la colonisation et à la régulation immunitaire. Toute perturbation de son équilibre ou dysbiose n’est pas de bon augure : elle a été associée à l’apparition de maladies buccodentaires telles que caries et maladies parodontales, mais aussi à plusieurs affections systémiques.
Porte d’entrée de la prise de nourriture, la cavité buccale est en première ligne des interactions entre ce que nous avalons et le microbiote de la bouche. Jusqu’à présent, ce sont essentiellement les glucides, surtout les sucres, et leur fermentation dans la bouche, qui ont retenu toute l’attention en nutrition et santé bucco-dentaire. Mais le fait de s’intéresser de manière plus globale au microbiote buccal ouvre le champ des investigations. Car en réalité, il y a bien d’autres facteurs que les sucres qui peuvent intervenir, et moduler la disponibilité en nutriments, le pH, l’accès à divers substrats etc.
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Glucides et microbiote buccal
Le rôle des glucides fermentescibles est le plus documenté : ils servent de substrats aux bactéries acidifiantes, ce qui favorise la déminéralisation de l’émail et contribue ainsi au développement de la carie dentaire. C’est ainsi que l’on a déjà observé qu’une consommation fréquente de saccharose était associée à des modifications du microbiote buccal, au profit d’espèces telles que Streptococcus spp. Plus récemment, c’est l’ensemble des habitudes alimentaires qui apparait comme pouvant jouer un rôle déterminant pour façonner le microbiome buccal. Cependant, son rôle est encore loin d’être clair à ce jour.
D’où l’intérêt de cette revue systématique qui permet de faire le point sur ce que l’on peut affirmer ou envisager. Elle englobe des études qui ont évalué des habitudes alimentaires telles que l’alimentation méditerranéenne, le végétarisme, le végétalisme et une alimentation omnivore, et le microbiote buccal établi sur base de méthodes de séquençage, chez des individus sains.
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L’alimentation méditerranéenne se distingue encore
Premier constat : à première vue, les habitudes alimentaires n’ont qu’un impact relativement limité sur le microbiote buccal. Néanmoins, des différences significatives apparaissent au niveau de la taxonomie.
Les principaux enseignements sont les suivants :
- L’alimentation méditerranéenneest associée à moins de taxons parodontogènes
- Les régimes à base de végétaux et les régimes omnivores présentaient des profils microbiens distincts, notamment en ce qui concerne les genres Neisseria, Haemophilus, Prevotella et Streptococcus
- L’activité fonctionnelle et les profils métabolomiques semblaient plus sensibles aux variations alimentaires que la composition taxonomique seule
Les auteurs concluent que le microbiote buccal affiche une certaine stabilité selon le régime alimentaire, c’est l’alimentation méditerranéenne qui présente l’association la plus constante, avec des changements microbiens qui sont bénéfiques. Une corde supplémentaire à l’arc déjà bien fourni de cette alimentation méditerranéenne…
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Chiesa A et al. Nutrients 2026,18(11°,1717. https://doi.org/10.3390/nu18111717
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