Il fait le buzz sur les réseaux sociaux, où il est présenté comme une technique éprouvée pour perdre aisément du poids. Pourtant, l’efficacité du jeûne intermittent n’a jamais été clairement démontrée. Cette revue Cochrane fait le point.
Le jeûne intermittent est devenu tendance ces dernières années, avec les réseaux sociaux et les influenceurs comme tremplins de sa notoriété. Bien qu’il puisse prendre des formes différentes, il consiste à réduire la plage horaire durant laquelle la nourriture peut être prise. La méthode la plus populaire étant la « 16/8 », qui consiste à jeûner pendant 16 heures et pouvoir manger au cours d’une fenêtre de 8 heures. Concrètement et selon les préférences, cela revient à sauter le petit-déjeuner ou le repas du soir. D’autres formules, comme le régime 5/2, consistent à jeûner 2 jours par semaine.
Le jeûne intermittent est présenté comme une petite révolution pour engranger une perte de poids rapide, avec des bénéfices métaboliques à la clé. Mais qu’en est-il vraiment ? Est-il réellement plus efficace que d’autres approches qui consistent à limiter l’apport calorique ? Voire que de ne pas intervenir ? C’est pour répondre à cette question que des chercheurs ont réalisé cette revue Cochrane, un standard de qualité scientifique reconnu.
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Basé sur 22 essais cliniques randomisés
Cette revue a analysé les données issues de 22 essais cliniques randomisés, impliquant près de 2000 personnes issues d’Amérique du Nord, d’Europe, de Chine, d’Australie et d’Amérique du Sud. Elle inclut différentes formules de régime intermittent. La plupart des essais pris en compte portent sur une durée d’intervention allant jusqu’à 12 mois. Les auteurs ont comparé les résultats avec ceux obtenus avec des conseils diététiques traditionnels basés sur la restriction énergétique, ainsi que sur le fait de ne pas faire régime.
Les résultats montrent que par rapport aux recommandations diététiques habituelles, le jeûne intermittent entraine pas ou peu de différence de perte de poids. Il n’a pas ou peu d’effet pour atteindre une réduction de 5 % du poids corporel (niveau de preuve incertain). Il n’a pas ou peu d’effet également en termes de qualité de vie et d’effets adverses.
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Le jeûne intermittent, pas plus efficace que rien !
Lorsque les auteurs comparent le jeûne intermittent à l’absence d’intervention, ils arrivent au même constat : il n’y a pas ou peu de différence en pourcentage de perte de poids, de qualité de vie et d’effets adverses. Ils soulignent cependant la faiblesse des preuves et appellent à mener d’autres travaux sur une période dépassant les 12 mois.
Le premier auteur de l’étude, Luis Garegnani (Universidad Hospital Italiano de Buenos Aires Cochrane Associate Centre), déclare : « Le jeûne intermittent ne semble tout simplement pas efficace chez les adultes en surpoids ou obèses qui cherchent à perdre du poids. Cela peut constituer une option valable pour certaines personnes, mais les données scientifiques actuelles ne justifient pas l’engouement que l’on observe sur les réseaux sociaux ».
L’étude conclut que les médecins et les patients doivent évaluer s’ils veulent et s’ils sont prêts à mettre en place le jeûne intermittent comme stratégie de traitement, en tenant compte des aspects pratiques et de l’aptitude à maintenir cette stratégie dans le temps.
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Garegnani L et al. Cochrane Library 2026. https://doi.org/10.1002/14651858.CD015610.pub2
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