Pour la santé humaine comme celle de la planète, les légumineuses cochent toutes les cases : elles s’avèrent même précieuses pour le microbiote intestinal et la santé métabolique. Pourtant, ça coince…
La transition alimentaire avec un déplacement des sources de protéines animales vers les protéines végétales est en marche. Elle est vue comme bénéfique pour la santé humaine, et indispensable pour la pérennité des systèmes alimentaires qui nous nourrissent. Dans ce contexte, les légumineuses sortent de l’ombre dans laquelle l’élevage et la consommation de viande les ont plongées depuis plusieurs décennies. Elles sont riches en protéines végétales, en fibres alimentaires et plusieurs micronutriments. Mais leur potentiel santé ne se limite pas à fournir des protéines et des fibres : il porte aussi sur le (désormais incontournable) microbiote intestinal et la santé métabolique. C’est ce qui ressort par cette revue narrative menée par une équipe Dano-Suédoise, publiée dans la revue Nutrients. Ils ont parcouru l’ensemble des publications scientifiques parues au cours des 10 dernières années portant sur des travaux in vitro, les études expérimentales chez l’animal et l’humain, avec une attention particulièrement sur la composition des légumineuses, les composés bioactifs, la modulation du microbiote intestinal, les effets métaboliques ainsi que les effets de certains procédés de transformation comme la fermentation.
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Encore plus pour les légumineuses fermentées
De ces recherches, les auteurs rapportent que les légumineuses montrent un potentiel prometteur pour améliorer la santé intestinale (alors qu’elles sont évincées de nombreux régimes destinés à soulager le système digestif). En effet, les légumineuses sont associées à
- la promotion d’un microbiote qualifié de bénéfique
- une augmentation de la production d’acides gras à chaîne courte
- un renforcement de la fonction barrière de l’intestin.
Les évidences suggèrent par ailleurs des effets favorables sur le métabolisme des lipides, le contrôle glycémique et l’inflammation.
La fermentation, qui est une tradition millénaire pour les légumineuses dans certaines régions du monde, particulièrement en Asie avec le Tempeh, le Miso, le Natto… présente des bénéfices supplémentaires : amélioration de la biodisponibilité des nutriments, de la digestibilité et du profil en composés bioactifs.
Les auteurs concluent que les légumineuses constituent un composant clé pour atteindre une alimentation saine et durable avec des effets prometteurs pour l’intestin et la santé métabolique, tout en soulignant la nécessité de mener des études humaines à long terme.
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Les légumineuses : le bon élève mal-aimé ?
À ce tableau presque idyllique, on peut encore ajouter un autre atout qui est loin d’être négligeable : l’accessibilité. Les légumineuses sont peu couteuses. Et pourtant…
En dépit de tous ces avantages, les légumineuses ont un sérieux problème. D’abord parce que certains facteurs antinutritionnels réduisent la biodisponibilité d’une partie des nutriments ou provoquent des inconforts digestifs. Ensuite, et surtout, parce qu’elles ne sont pas très appréciées par la plus grande partie de la population, une situation qui n’évolue guère.
Selon la dernière enquête de consommation de Sciensano, seuls 12 % de la population atteint la recommandation du Conseil Supérieur de la Santé, à savoir minimum 2 fois par semaine. Chez les enfants, 43 % n’en mangent jamais. La consommation moyenne de légumineuses dans la population âgée de 3 ans et plus est de 4 g par jour. C’est bien loin des recommandations pour la Belgique, mais aux antipodes des objectifs de l’assiette planétaire EAT-Lancet, qui est de 75 g par jour cru, soit plus de 50 fois la consommation moyenne actuelle en Belgique… Voilà qui illustre une fois encore le fossé qui peut séparer des objectifs théoriques de la réalité de consommation, et l’ampleur du défi !
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Lazarte C E et al. Nutrients 2026,18(15),2571 ; https://doi.org/10.3390/nu18152571
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