Le foodporn ou images alléchantes de nourriture sur les réseaux sociaux contribue souvent au caractère obésogène de l’environnement alimentaire. Et si on détournait le foodporn pour inciter à manger plus sainement ?
Les adolescents sont de grands utilisateurs des réseaux sociaux (RS), ce qui n’est pas sans avoir de nombreuses conséquences que l’on commence à mieux documenter, toutefois de façon encore fragmentaire. Environnement digital « obésogène », troubles des conduites alimentaires (TCA) sédentarité… les RS ne semblent, globalement, pas propices à manger mieux et à bouger plus.
L’un des facteurs qui apparaît de plus en plus comme contribuant à un environnement obésogène est le « foodporn », c’est-à-dire le partage d’images alléchantes de nourriture. Dans la majorité des cas, ces images qui font saliver affichent une composition nutritionnelle peu équilibrée, avec une forte densité énergétique, une richesse en sucres, graisses et/ou sel et pauvre en nutriments essentiels.
Et si le « foodporn » pouvait, à l’instar du nudging, être mis à profit pour orienter les adolescents vers des choix sains ?
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3 catégories d’images sur Instagram
C’est en tout cas l’hypothèse et l’objet d’une recherche expérimentale menée par une équipe de chercheurs en Inde, dont les travaux sont publiés dans la revue BMC Public Health. Les chercheurs ont créé un ensemble de 15 images de nourriture classées en trois groupes : « foodporn malsain », « foodporn sain » (aliments sains représentés sur des photos alléchantes) et « sain classique » (aliments sains représentés sur des photos classiques). Les images ainsi qu’un questionnaire pour évaluer les choix ont été partagés sur Instagram pendant 15 jours. L’étude comprenait une phase qualitative, consistant en des entretiens approfondis par téléphone.
Les résultats de cette expérience montrent que l’attrait visuel des images était significativement associé à la volonté de consommer ces aliments. Les facteurs déterminants de l’attrait et de l’impact des images alimentaires sur l’alimentation étaient la couleur, les effets visuels, les ingrédients et la présentation.
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La piste du foodporn sain marque des points
L’intervention mettait principalement en avant des images d’aliments sains (les deux tiers du total). Une tendance positive constante a été observée en ce qui concerne les attitudes, la fréquence de consommation et l’intention de consommer. Les normes généralement associées aux aliments malsains, telles que des intentions d’achat plus élevées et le fait de manger au restaurant avec des amis, étaient plus fortement associées aux images « foodporn » d’aliments sains qu’aux images classiques.
Les auteurs concluent que ces résultats suggèrent que présenter des aliments sains à la manière du « foodporn » peut inciter positivement les adolescents à opter pour des choix alimentaires plus sains. Ils estiment que cette stratégie pourrait être développée à plus grande échelle en favorisant la création de communautés en ligne qui mettent en avant des contenus visuellement attrayants et axés sur une alimentation saine.
Voilà qui montre une fois de plus que les choix sains doivent aussi être attrayants visuellement.
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Kaur T et al. BMC Public Health 2026. https://doi.org/10.1186/s12889-026-28870-4
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