Ouvrir le répertoire alimentaire à de nombreux produits laitiers plutôt que de le restreindre en cas d’intolérance au lactose ? C’est l’approche positive proposée dans un livre et une application dédiés à l’intolérance au lactose.
Vous ne digérez pas bien le lactose ? Reprenez un peu de fromage ! L’intolérance au lactose, qu’elle soit pressentie ou avérée, conduit souvent de façon prioritaire à faire une croix sur la famille des produits laitiers. Ce qui, outre le fait de ne plus pouvoir profiter de ces denrées et de nombreuses recettes, nécessite aussi une adaptation adéquate de l’alimentation pour assurer la couverture des besoins nutritionnels. Pourtant, il est parfaitement possible de continuer à se délecter de bon nombre de produits laitiers. C’est l’approche prônée dans le livre « Mieux vivre avec son intolérance au lactose : le guide pratique pour comprendre, réintroduire et savourer les produits laitiers ». Il est signé Gauthier de Valensart, intolérant au lactose, qui s’est adjoint l’expertise de deux diététiciennes, Anne-Charlotte Jalhay (Nutriciens) et Pauline Van Ouytsel, toutes deux membres du Groupe des Diététiciens en Gastro-Entérologie de l’Union professionnelle des diététiciens de langue française, afin d’assurer la rigueur des informations transmises aux patients.
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L’intolérance au lactose : une question de tolérance
« La majorité des personnes intolérantes au lactose tolèrent généralement 5 g de lactose, donc il ne faut pas être trop strict », explique Anne-Charlotte Jalhay. « Plutôt que de faire l’apologie des produits sans lactose, ce livre embrasse une vision d’élargissement pour ne pas rester dans la restriction », poursuit la diététicienne. Un fromage affichant 0,5 g de lactose peut dès-lors parfaitement trouver sa place dans l’alimentation. « Un bon camembert IGP n’est pas un autre formage à pâte molle industriel, qui peut comporter un ajout de lait en poudre, de crème… », poursuit la diététicienne. Et de fait : une analyse des 133 fromages d’appellation AOP/AOC européenne les plus distribués rapporte que 76 % d’entre eux contiennent maximum 0,5 % de lactose. C’est qu’outre l’aspect mécanique de filtration du lactose dans la fabrication du fromage, l’affinage conduit aussi à une transformation microbienne du lactose en acide lactique. Ce n’est donc pas uniquement une question de dureté de la pâte…
Plus surprenant, parmi les fromages avec le moins de lactose, certains ne sont pas spontanément vus comme tels : c’est le cas de la mozzarella di bufala, de la cancoillotte, du reblochon ou encore de la raclette du Valais.
Outre les fromages, le livre explique aussi qu’il est possible de produire soi-même différents produits sans lactose tels que lait, crème, yaourts, fromage frais, mascarpone… Des bases qui ouvrent la porte à une multitude de recettes traditionnelles souvent boudées en cas d’intolérance au lactose. Cela permet aussi de privilégier des produits moins transformés, tout en revenant moins chers que des compléments à base de lactase.
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Une application pour débusquer le lactose
Si l’on s’attend souvent à trouver du lactose ou il n’y en a finalement que peu, le lactose se retrouve aussi parfois là où l’on ne s’y attend pas. Anne-Charlotte Jalhay cite par exemple des chips aux oignons, du jambon « gonflé » au lait, des bonbons… De nombreux produits transformés contiennent du lactose, notamment par l’ajout de poudre de lait. Et au bout du compte, certains de ces produits sont plus susceptibles de déclencher des symptômes que des fromages affinés consommés raisonnablement.
Pour aider les patients à mieux s’y retrouver et débusquer le lactose, l’auteur du livre a développé, avec le concours de The AI App Factory, l’application lactose.help. Elle permet, en scannant le code-barres des produits pré-emballés, de connaître instantanément la teneur en lactose maximale estimée d’un produit.
Le livre est disponible sur amazon.fr. L’application lactose.help est téléchargeable sur le Google Play Store et l’App Store.
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