Chaque type d’alimentation exerce une influence sur le microbiote intestinal. Celle-ci peut s’avérer favorable ou défavorable. Une revue systématique fait le point sur l’influence de 13 régimes différents.
Il fut un temps ou l’on s’intéressait surtout à l’effet de l’alimentation sur les lipides sanguins, la glycémie et, plus récemment, l’inflammation. Mais en l’espace de quelques années, le microbiote s’est imposé comme un organe au carrefour de bien des mécanismes physiopathologiques. Et bien que la question de savoir s’il est plus un marqueur ou un acteur de santé reste ouverte, il est devenu incontournable lorsque l’on cherche à mieux comprendre les rapports entre ce que nous avalons et la santé.
Pendant longtemps, on a cru qu’il n’était pas possible d’influencer la composition du microbiote par l’alimentation. Mais les temps ont bien changé, et désormais, le microbiote est vu comme une véritable cible thérapeutique, que ce soit par le biais de l’alimentation ou d’autres techniques. Le microbiote est aussi un nouveau venu dans l’étude et la compréhension des effets des régimes alimentaires sur la santé.
À lire aussi : Les effets de la cuisson des aliments sur notre microbiote
Régime méditerranéen, japonais et coréen en tête
Cette revue systématique menée par une équipe australo-finlandaise en suivant les recommandation PRISMA permet de faire le point à partir des différentes études d’intervention (essais contrôlés). Au total, ce sont 13 types d’alimentation qui ont été passés au crible pour leurs effets sur le microbiote intestinal et plusieurs marqueurs biologiques. Ce travail, qui constitue à ce jour le plus important de ce type, permet d’identifier différentes caractéristiques associées aux régimes alimentaires.
Les résultats montrent que les régimes méditerranéen, japonais et coréen présentent des modifications favorables, avec notamment une augmentation de l’abondance de bactéries productrices d’acides gras à chaîne courte (AGCC) ainsi qu’une réduction de l’abondance de bactéries opportunistes. L’alimentation méditerranéenne révèle en outre un potentiel anti-inflammatoire, suggéré par la réduction de plusieurs marqueurs sanguins de l’inflammation. L’alimentation coréenne traditionnelle affiche en plus des taux réduits d’acides aminés branchés, dont des taux élevés sont associés à une moins bonne santé métabolique.
À lire aussi : Japon : moins de riz, plus de pain et de cholestérol
Régime occidental, pauvre en FODMAP et sans gluten à la traîne
Plusieurs régimes sont associés à des modifications défavorables, bien que les résultats ne soient pas aussi uniformes que cela. C’est le cas de l’alimentation occidentale (Western type Diet) riche en protéines animales et en graisses, qui est associée à une moindre production d’AGCC, une augmentation des bactéries opportunistes et de plusieurs marqueurs biologiques de risques pour la santé.
Plusieurs régimes thérapeutiques ont aussi été investigués. Comme dans le cas de l’alimentation occidentale, le régime pauvre en FODMAP et les régimes sans gluten se caractérisent par un apport réduit en fibres alimentaires fermentescibles, qui constituent le carburant du microbiote intestinal. Conséquence logique : ces deux régimes sont aussi associés à une diminution des espèces productrices d’AGCC et d’acide lactique comme les Bifidobactéries. En revanche, ils présentent une réduction des marqueurs inflammatoires sanguins.
Le régime cétogène est, lui aussi, associé à une réduction de la production d’AGCC, tout en affichant une réduction des marqueurs de l’inflammation. À l’inverse, les autres régimes restreints en énergie sont associés à une augmentation des bactéries bénéfiques pour la santé, à une diminution des taxons liés à l’obésité et à une amélioration des marqueurs de la santé métabolique.
À lire aussi : Le régime cétogène : à la mode, mais ne convainc pas
Aslam H et al. J Transl Med 2026 ;24 :39. https://doi.org/10.1186/s12967-025-07428-9
Source