Faut-il continuer à recommander de manger du poisson pour ses oméga-3, compte tenu du problème des contaminants par la dioxine et autres PCB ? Le Conseil Supérieur de la Santé s’est penché sur la question et livre son avis.
D’un côté, le poisson et les fruits de mer présentent plusieurs atouts nutritionnels. L’un de plus singuliers, c’est de constituer une des rares sources d’EPA et de DHA, deux acides gras oméga-3 à longue chaîne dont l’apport recommandé pour l’adulte est de 500 mg par jour. Un objectif rarement atteint… Mais d’un autre côté, poissons et fruits de mer véhiculent des contaminants, dont les dioxines et polychlorobiphényles de type dioxine (PCDD/F et DL-PCB). Ceux-ci sont pointés du doigt pour favoriser troubles du développement, perturbations endocriniennes, déficits neurologiques, cancers…
Cette catégorie de denrées illustre donc bien l’importance, en nutrition, de l’évaluation des risques et des bénéfices, qui concerne aussi bien d’autres denrées… Il ne s’agit pas de pencher arbitrairement en faveur d’un côté ou de l’autre, mais de peser l’un et l’autre pour arriver à une recommandation scientifiquement fondée. C’est précisément le travail qu’a effectué le Conseil Supérieur de la Santé dans son avis paru en juin 2026.
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Saumon, truite et produits transformés à base de poisson
L’évaluation du CSS intègre les données nationales belges à celles portant sur la consommation alimentaire, pour caractériser l’exposition de différents groupes de la population : enfants (3 à 9 ans), adolescents (10 à 17 ans) et adultes (18 à 64 ans). Elle prend en compte la somme de 17 congénères de PCDD/F et la somme de 29 congénères de PCDD/F et de DL-PCB.
Les évaluations ont été menées selon deux repères : les facteurs d’équivalence toxiques TEF de l’OMS 2005 et ceux, plus actuels et plus sévères, de l’OMS 2022. Les résultats indiquent que ce sont les enfants les plus exposés au dépassement de l’apport hebdomadaire tolérable (TWI).
Les principaux contributeurs à l’exposition aux dioxines et au DL-PCB lié à la consommation de poisson sont les poissons diadromes, comme le saumon, la truite… suivis par les produits transformés à base de poisson. Cela étant dit, la lecture est différente lorsque l’on rapporte les contaminants à la quantité de EPA et DHA apportée : les rapports les plus bas de contaminants sont alors le saumon, la truite, le cabillaud, le lieu jaune, l’aiglefin, le thon, le hareng et la sardine.
Précisons que d’autres aliments tels que la viande, les produits laitiers et les oeufs sont également des vecteurs de ces contaminants.
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Recommandations du CSS pour le poisson et les fruits de mer
L’analyse du CSS l’amène à formuler les recommandations suivantes :
- Pour la population générale, le CSS préconise de consommer au moins 200 g de poisson, mollusques et crustacés par semaine, dont au moins une portion de poisson gras, conformément aux recommandations alimentaires de 2025. Ce niveau d’apport contribue à une fourniture adéquate en nutriments essentiels tels que EPA, DHA, iode, sélénium et vitamine D, tout en maintenant une exposition acceptable aux contaminants tels que dioxines et PCB de type dioxine.
- Il est recommandé de diversifier les espèces de poissons ainsi que les sources.
- Il est déconseillé de consommer des portions importantes d’espèces les plus contaminées.
- Pour les enfants, femmes enceintes et femmes en âge de procréer, la consommation de poissons, dont le poisson gras, reste recommandée.
Retrouvez l’avis complet sur le site du CSS (lien plus bas).
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