Pigments rouge à bleu, les anthocyanines sont supposées exercer plusieurs effets bénéfiques pour la santé. Des effets qui trouvent confirmation dans cet examen exhaustif des données humaines disponibles.
Mûres, myrtilles, raisin noir, cerises, baies de sureau et autres petits fruits rouges ont un point commun : ils contiennent des anthocyanines, pigments colorés de la famille des flavonoïdes (polyphénols). Connus pour laisser des tâches tenaces, ils sont aussi considérés comme potentiellement bénéfiques. Les recherches réalisées sur ces composés dotés d’un potentiel antioxydant avéré relatent des effets favorables à bien des niveaux, que ce soit l’inflammation, le cholestérol LDL, les triglycérides, la glycémie, la fonction endothéliale, la pression sanguine… Autant de leviers qui permettraient d’expliquer un effet « cardioprotecteur » déjà évoqué de longue date. Mais si certains sont déjà persuadés de l’intérêt de ces substances, y compris au travers des suppléments alimentaires, d’autres restent dubitatifs et demandent des preuves tangibles. D’où l’intérêt de cette revue systématique et méta-analyse, première de cette ampleur, qui apporte des éléments de réponse.
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Des effets favorables pour le cœur et le métabolisme
Une limitation importante dans les travaux menés sur le sujet concerne la dose d’anthocyanes, très variable d’une étude à l’autre. Dans cette recherche, seuls les essais randomisés contrôlés dans lesquels l’intervention apportait au moins 50 mg d’anthocyanines par jour (un niveau parfaitement accessible par l’alimentation) ont été pris en compte. Pour donner à cette étude le plus de consistance en termes de niveau de preuve recherché, les auteurs ont exclu les études rétrospectives, les études transversales, les séries de cas, les rapports de cas et les revues narratives. Ils ont cependant inclus les études de cohortes prospectives ajustées pour les facteurs confondants et d’une durée d’au moins 6 mois.
Au total, ce sont 18 études prospectives ayant fait l’objet de 27 publications et 65 essais randomisés contrôlés qui rencontraient les critères d’inclusion.
Les résultats montrent qu’un apport élevé en anthocyanines est associé à une réduction du risque :
- de maladie cardiovasculaire de 26 %
- d’infarctus du myocarde de 18 %
- de diabète de type 2 de 11 %
- de mortalité cardiovasculaire de 9 %
- de risque d’hypertension de 8 %
Le risque d’accident vasculaire cérébral n’était pas influencé par l’apport en anthocyanines.
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Les petits fruits rouges dans les recommandations alimentaires ?
Il ressort par ailleurs des études randomisées contrôlées que les anthocyanines sont associées à une meilleure souplesse des artères, comme en témoigne l’amélioration de la dilatation induite par le flux.
En examinant le type d’anthocyanines, la cyanidine s’avère associée à l’amélioration chronique de la dilatation induite par le flux, la delphinidine à l’amélioration aiguë et chronique de ce paramètre, de la vitesse d’onde de pouls chronique, de l’insuline et des triglycérides.
La force des données concernant l’incidence des maladies cardiovasculaires et des infarctus du myocarde était modérée selon le système GRADE (Grades of Recommendation, Assessment, Development, and Evaluation).
Les auteurs concluent que cet examen des données humaines de qualité élevée suggère bel et bien qu’une augmentation de l’apport en denrées riches en anthocyanines est associée à des bénéfices santé cardiométaboliques. Des données qui devraient permettre, selon les chercheurs, à affiner les recommandations alimentaires pour la prévention des maladies cardiovasculaires. Mais inutile d’attendre pour croquer régulièrement des petits fruits rouges et autres sources d’anthocyanines !
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Avendano E A et al. Am J Clin Nur 2026 (in Press), 101304. DOI: 10.1016/j.ajcnut.2026.101304
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