Un régime pauvre en FODMAP est parfois proposé aux femmes souffrant d’endométriose afin de soulager les symptômes gastro-intestinaux. Est-ce justifié ? On fait le point.
Maladie multifactorielle complexe, l’endométriose garde une sérieuse part de mystère, même si elle sort progressivement de l’ombre de la recherche. Elle touche, selon les estimations, environ une femme en âge de procréer sur 10, ce qui est loin d’être anecdotique. Son origine n’est toujours pas clairement définie, plusieurs hypothèses co-existent. La pathogénèse inclut des dérèglements hormonaux et immunitaires, une inflammation péritonéale, une inflammation neurogène, ainsi qu’une sensibilisation périphérique et centrale qui contribuent aux douleurs pelviennes et viscérales.
Les symptômes sont devenus un élément déterminant dans le diagnostic, resté trop longtemps cantonné à une nécessaire confirmation histologique. Les symptômes gastro-intestinaux tels que douleurs abdominales, ballonnement, flatulences, constipation, diarrhées, nausées, selles douloureuses ou urgentes… représentent une composante fréquente de l’endométriose. Bon nombre de ces symptômes se retrouvent aussi dans le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII), plus fréquent chez les femmes souffrant d’endométriose. Il n’est donc pas surprenant que l’alimentation représente une piste pour intervenir sur les manifestations intestinales.
À lire aussi : Intestin : une différence homme-femme fondamentale ?
Endométriose et régimes d’exclusion
Pourtant, face à l’endométriose, il n’existe pas de guidelines officielles en matière d’alimentation. Les institutions scientifiques de référence estiment dans leur grande majorité que les preuves restent insuffisantes. Ce « vide » ouvre d’ailleurs la porte à bon nombre d’approches alimentaires proposées tant par des professionnels de la santé que des gourous et autres coaches, dont le gluten et le lait figurent en première ligne.
Parmi les approches qui sont scientifiquement plus fondées figurent la voie anti-inflammatoire ainsi que la réduction des FODMAP (Fermentable Oligo-, Di-, Monosacharides And Polyols). C’est cette dernière qui a été évaluée au travers d’une revue systématique conformément aux standards PRISMA 2020. L’objectif était de faire le tour des preuves à la base de la restriction des FODMAP dans l’alimentation dans le but d’améliorer les symptômes gastrointestinaux chez les femmes souffrant d’endométriose. Distinction a donc été faite entre les douleurs gynécologiques et les douleurs gastro-intestinales. Cinq études cliniques rencontraient les critères d’inclusion.
À lire aussi : L’alimentation anti-inflammatoire à la portée de (presque) tous !
Régime pauvre en FODMAP : une intervention limitée dans le temps
Les résultats de cette analyse confirment qu’un régime pauvre en FODMAP pourrait réduire les troubles gastro-intestinaux chez certaines personnes atteintes d’endométriose. Il s’agit plus précisément des ballonnements, douleurs abdominales, modifications des selles, constipation ou les symptômes de type SII. Les auteurs précisent que même si les données disponibles sont limitées, elles constituent un soutien solide à une restriction à court terme dans des conditions contrôlées.
Ils précisent aussi que les données actuelles ne justifient pas de présenter le régime pauvre en FODMAP comme une méthode de « traitement » de l’endométriose.
Ils estiment que dans la pratique clinique, la restriction en FODMAP doit être considérée comme une intervention de durée limitée, guidées par un diététicien, avec pour objectif de soulager les symptômes gastro-intestinaux. Elle doit être suivie d’une réintroduction structurée.
Reste que ce régime ne convient pas à toutes, et que les auteurs ajoutent que de futures études devraient clarifier la sélection des patientes, comme la pérennité des résultats après la réintroduction.
À lire aussi : Infographie : Régime pauvre en FODMAP simplifié
Watrowski R et al. Utrients 2026,18(13). https://doi.org/10.3390/nu18132164
Source