Dans quelle mesure les pratiques alimentaires du père influencent-elles celles de l’enfant, et vice-versa ? Une étude américaine donne des éléments de réponse qui plaident en faveur de l’instauration d’un cadre, mais pas d’un contrôle coercitif…
Les habitudes alimentaires de l’enfant sont influencées par les parents : par ce qu’ils mangent, mais aussi par le cadre et les règles qu’ils mettent en place. Traditionnellement c’est à la mère que l’on attribue un rôle plus important dans ce domaine, et c’est aussi ce qui a été le plus étudié. Mais les dynamiques évoluent au fur et à mesure que la coparentalité s’équilibre, et l’influence du père fait aussi l’objet de recherches. C’est le cas de cette étude américaine qui s’est intéressée aux associations retrouvées entre les pratiques parentales des pères et certaines caractéristiques de l’alimentation de leur(s) enfant(s), et cela de façon bidirectionnelle.
Pour ce faire, les chercheurs ont examiné les données de 802 pères avec enfant(s) âgés de 2 à 6 ans de façon longitudinale, au temps 1 (T1) et au temps 2 (T2). Ils ont pris comme critères favorables une consommation de fruits et légumes d’au moins deux fois par jour (chacun), la consommation de restauration rapide et de boissons sucrées inférieure à une fois par semaine.
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Les deux types de pères : structure ou contrôle coercitif
Du côté des pères, ils ont fait la distinction entre deux approches :
- Structure: le père donne une structure à propos d’une alimentation saine, surveille ou limite, mais sans interdire, les snacks et sucreries, et ne force pas l’enfant.
- Contrôle coercitif: le père a une approche plus autoritaire, et utilise la nourriture comme récompense pour gérer les émotions de l’enfant (p. ex. tu auras un dessert si tu manges tous tes légumes).
C’est l’approche « structure » qui est actuellement préconisée, dans laquelle on apprend à l’enfant à devenir autonome, notamment en l’aidant à se baser sur son ressenti (p. ex. ressentir la faim, la satiété…).
L’approche selon un contrôle coercitif, habituellement plus fréquente chez les pères que les mères, est déconseillée parce qu’on lui attribue des résultats inverses aux résultats escomptés en termes d’habitudes alimentaires saines, et elle favoriserait le développement de troubles du comportement alimentaire.
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Influence bidirectionnelle entre pères et enfants
Les résultats de cette recherche montrent qu’un niveau plus élevé de structure paternelle à T1 prédit la consommation de légumes par les enfants (min. 2x/jour) à T2. Et dans l’autre sens aussi : la consommation de légumes de l’enfant (min 2x/jour) au T1 prédit un niveau de structure paternelle plus élevé à T2. Les mêmes observations sont faites entre le niveau de structure paternelle et une moindre fréquence de consommation de restauration rapide.
À l’inverse, un niveau plus élevé de contrôle coercitif à T1 prédisait, à T2, une probabilité plus faible pour que les enfants limitent les boissons sucrées à moins d’une fois par semaine. Et les enfants consommant moins d’une boisson sucrée par semaine à T1 prédisaient un niveau de contrôle coercitif du père plus faible à T2.
Voilà qui n’est donc pas favorable au contrôle coercitif pour l’éducation alimentaire des enfants. Cela suggère en outre que les pratiques parentales des pères en matière d’alimentation et l’apport alimentaire des enfants pourraient s’influencer mutuellement au fil du temps. Le caractère bilatéral de ces associations mérite cependant d’autres recherches pour clarifier leur signification et leurs implications.
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De Oliveira M H et al. Appetite 2026. https://doi.org/10.1016/j.appet.2026.108701
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