Bien que l’on se réfère à des valeurs moyennes, l’index glycémique pour une même denrée est assez fluctuant. Est-ce plus lié à l’aliment ou à l’individu ? Ces variations fragilisent-elles l’IG dans les recommandations ?
L’index glycémique, qui exprime la réponse glycémique provoquée par l’ingestion d’une source de glucides comparativement à une référence (généralement le glucose), connait des défenseurs et des détracteurs. D’un côté, de nombreuses études, portant sur de larges cohortes, ont montré que l’IG pouvait prédire certaines issues cardiométaboliques. D’un autre côté, l’IG connait des variabilités importantes d’une personne à l’autre, et même pour la même personne d’une mesure à l’autre. Pour ces raisons, il est vu par certains comme une mesure trop imprécise pour fournir des recommandations qui s’appliquent à l’ensemble d’une population.
La nutrition évolue de plus en plus vers la personnalisation – qui tient compte des différences entre les individus – et passe donc de recommandations générales pour la population à des recommandations plus spécifiques à chacun.e. Les variations de l’IG d’une personne à l’autre doivent-elles conduire à des recommandations personnalisées ? Ou, au contraire, malgré ces variations, l’IG garde une capacité globale à discriminer les denrées selon leur IG bas, moyen ou élevé ?
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La variabilité de l’index glycémique est-elle acceptable ?
Les variations de l’IG sont de deux natures différentes, qui concernent :
- l’hétérogénéité biologique de la tolérance globale au glucose (c’est-à-dire les différences interindividuelles en matière de sensibilité à l’insuline, de capacité d’élimination du glucose et d’état métabolique). Elle est réelle et cliniquement significative.
- la personnalisation spécifique à certains aliments (c’est-à-dire les interactions entre une personne et un aliment donné, dans lesquelles une personne A réagit de manière disproportionnée à l’aliment X tandis qu’une personne B réagit de manière disproportionnée à l’aliment Y, au-delà de ce que laisse présager leur tolérance globale au glucose).
Cette étude, menée par des spécialistes du sujet, dont Jennie Brand-Miller, la principale figure ayant contribué à la notoriété de l’IG, visait à vérifier si la variation interindividuelle observée chez des personnes en bonne santé lors de tests standardisés d’index glycémique dépasse la variabilité observée dans les tests alimentaires de référence. Elle porte sur les données de 382 adultes sains, englobant 1022 tests de référence au glucose et 1116 tests d’IG d’aliments issus de 9 produits.
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L’index glycémique reste pertinent pour discriminer les aliments
Quatre constats émanent de cette recherche :
- Les erreurs de prédiction basées sur l’IG se situaient dans les limites de la variabilité du test de référence de la glycémie.
- L’ensemble de données générées uniquement à partir de la variabilité de la glycémie et des valeurs moyennes de l’IG ont largement reproduit les propriétés de distribution des données réelles sans paramètres spécifiques à chaque personne.
- Les incohérences de classement se sont produites principalement parmi les aliments présentant des valeurs d’IG similaires, tandis que les distinctions entre les catégories standard d’IG sont restées stables. Cela concilie les études sur le monitoring en continu de la glycémie montrant des réponses individuelles variables avec les essais démontrant les bénéfices des régimes à faible IG.
- Des différences d’IG ≥ 15 unités ont produit des réponses glycémiques distinctes de manière fiable (< 50 % de chevauchement de distribution), définissant ainsi des limites fondées sur des preuves pour les interventions alimentaires.
Les auteurs concluent que ces résultats concordent avec des décennies d’études empiriques montrant que l’IG prédit l’impact glycémique relatif des repas mixtes. Et que ces résultats remettent en cause l’affirmation selon laquelle les variations interindividuelles observées lors des tests standardisés d’IG refléteraient des effets alimentaires spécifiques à chaque personne nécessitant des recommandations personnalisées.
En d’autres termes, cette étude suggère que même avec les variations interindividuelles, l’IG reste un outil pertinent pour appréhender l’élévation de la glycémie post-prandiale.
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Dell Corte K A et al; Am J Clin Nutr 2026. DOI: 10.1016/j.ajcnut.2026.101363
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