L’utilisation des analogues du GLP-1 dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité se généralise. Quels sont les effets sur l’alimentation ? Des réponses apparaissent sur base de tickets de caisse des supermarchés.
Les analogues du GLP-1 sont de plus en plus couramment utilisés dans la prise en charge du diabète de type 2 et de l’obésité. Leur efficacité sur la perte de poids s’explique par une réduction des ingestats alimentaires consécutive à l’effet de ces médicaments sur l’appétit et la satiété. Quelques travaux ont rapporté qu’outre la réduction de la consommation calorique, les patients sous analogues du GLP-1 affichaient une attirance moindre pour les produits hautement transformés ayant une densité énergétique élevée, un attrait plus élevé pour le frais, les saveurs acidulées… Mais l’impact plus précis sur la qualité nutritionnelle de l’alimentation des patients ayant commencé un traitement aux agonistes du GLP-1 n’a pas encore été clairement étudié. D’où l’intérêt de cette étude menée par une équipe de chercheurs au Danemark, et dont les résultats sont rapportés dans le JAMA.
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Les GLP-1 réduisent les dépenses alimentaires d’un tiers
Cette étude se base sur une cohorte comportant 13 567 personnes qui donnent accès à leurs tickets d’achat dans les supermarchés depuis 2018, couvrant 70 % du marché danois. Dans cette cohorte, les nouveaux utilisateurs d’analogues du GLP-1 entre 2019 et 2022 ont été identifiés grâce au registre danois de prescriptions. Ils ont été appariés avec des non-utilisateurs (à raison de 1 pour 3) en fonction du sexe, de l’âge et du niveau de revenu. Le décryptage de tickets de caisse porte au total sur 293 personnes qui ont commencé un traitement GLP-1 et 884 personnes appariées.
Premier constat : le montant dépensé au cours de l’année qui suit l’initiation du traitement GLP-1 a fortement diminué, par rapport à l’année précédant le traitement. Il est passé en moyenne de 52 523 couronnes à 35 051 couronnes, soit une diminution d’un tiers ! Le nombre d’achats au cours de la même période est, lui, passé de 807 275 avant le début du traitement, à 1 171 670 après, soit plus 45 %.
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Moins sucré, moins transformé
Pour ce qui relève des caractéristiques nutritionnelles, l’analyse montre que la densité énergétique moyenne a légèrement diminué, pour passer de 209,4 kcal/100g avant l’initiation du traitement à 207,3 kcal/100g. La teneur en sucres des achats marque également une légère diminution : de 15,7 g/100g à 15,1 g/100 g. Même tendance pour les glucides (de 19,8 à 19,3 g/100g) et les acides gras saturés (de 7,3 à 7,2 g/100g). À l’inverse, la teneur en protéines du caddie augmente, pour passer de 6,6 à 6,9 g/100g. Enfin, cette analyse indique une diminution de l’achat d’aliments ultra-transformés (-1,2 % contre + 0,5 % dans le groupe non traité) et une augmentation des achats de produits non transformés.
Cette étude a cependant ses limites pour affirmer que les traitements aux analogues du GLP-1 améliorent la qualité nutritionnelle de l’alimentation, même si c’est la tendance observée. Les changements nutritionnels, bien que statistiquement significatifs, sont minimes et insuffisants pour corriger la plupart des déséquilibres alimentaires. De plus, la première année après l’instauration d’un traitement n’est pas forcément le reflet du comportement d’achat par la suite. A suivre donc…
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Sørensen K K et al. JAMA Netw Open 2026 ;9(1)e2555449. 10.1001/jamanetworkopen.2025.55449
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