Végétariens à temps partiel, carnivores à leurs heures, les flexitariens sont devenus un groupe important de la population à en croire de nombreux sondages. Pourtant, le terme « flexitarien » est aussi flexible que flou dans sa définition.
Les différentes formes de végétarisme, ainsi que le végétalisme ou véganisme, sont associées à des pratiques alimentaires bien définies, ce n’est pas le cas du terme de flexitarisme. Celui-ci est pourtant sur toutes les lèvres et dans toutes les publications qui évoquent la transition alimentaire vers moins d’animal et plus de végétal. Car le flexitarisme représente désormais le porte-drapeau de ce qu’est le « régime planétaire sain », qui cherche à concilier les impératifs de santé humaine et de santé planétaire.
Cette alimentation flexitarienne, parce qu’elle n’impose pas de supprimer la viande, est à même de concerner une partie plus importante de la population que le végétarisme et le végétalisme. Selon certaines sources, pas loin de 4 personnes sur 10 se situeraient dans ce groupe parce qu’elles déclarent qu’elles ont réduit leur consommation de viande ou sont prêtes à le faire. Pourtant, en dépit de cet engouement, il n’existe pour l’heure aucune définition qui fasse l’objet d’un consensus scientifique.
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Les flexitariens : un groupe de consommateurs flou
En l’espace de quelques années, le flexitarisme s’est invité dans une multitude de livres de cuisine, articles lifestyle et même recherches scientifiques. Cependant, la plupart des études menées sur le flexitarisme en tant que solution pour relever le défi d’une alimentation durable se contentent généralement de définitions peu précises et qui varient d’une étude à l’autre. Vu en son temps comme une position se situant entre alimentation omnivore et végétarienne, les flexitariens sont pourtant désormais considérés comme un groupe de consommateurs distinct, avec des caractéristiques qui les différencient des omnivores, des végétariens et des végétaliens. Mais avec tout le flou qui entoure ce groupe de consommateurs étant donnée l’absence d’une définition commune, cela questionne la validité scientifique des recherches qui portent sur lui…
Dans cette étude, des chercheurs ont voulu à en savoir plus sur ce sujet, et ont examiné de plus près la genèse et l’utilisation du concept de flexitarien dans les publications scientifiques.
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Genèse du flexitarisme
Dans ce travail, les chercheurs ont analysé les publications contenant le terme « flexitarien » dans le titre, le résumé ou les mots-clés. Les 260 publications identifiées ont été examinées manuellement auxquelles se sont ajoutées 50 études pertinentes identifiées par les références ou citées par les auteurs.
L’origine du terme flexitarien est assez claire : elle provient de la contraction de « flexible » et « végétarien ». Le concept de flexitarisme a été identifié pour la première fois en 1981 dans une publicité de la Northwest Freedom University (États-Unis) relative à des cours de cuisine « flexitarienne ». Le terme « flexitarien » fait son entrée dans le dictionnaire Oxford en 2017, qui le définissait comme une personne qui adopte une alimentation principalement végétarienne, mais pas stricte. Ce n’est qu’à partir de 2018 que ce terme émerge dans les publications scientifiques. Pourtant, le flou reste de mise, comme le relèvent les auteurs de l’étude. Car entre manger de la viande une ou plusieurs fois par semaine, et une fois par mois, il y a une fameuse différence au sein de ce qui relève du flexitarisme !
Alors, végétariens flexibles ou omnivores qui réduisent la viande ? Les auteurs concluent qu’il n’est pas encore clair si les « flexitariens » peuvent réellement être considérés comme un groupe de consommateurs cohérent. En attendant, ils encouragent les chercheurs qui utilisent ce terme à mieux définir les critères d’inclusion pour parler de flexitariens.
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Wendler M et al. Appetite 2026,108410. https://doi.org/10.1016/j.appet.2025.108410Source