Calcium et vitamine D sont requis pour la santé osseuse, mais il y a bien d’autres acteurs. Plus qu’un nutriment isolé, les habitudes alimentaires dans leur ensemble importent, avec un intérêt réaffirmé pour l’alimentation méditerranéenne.
Calcium et vitamine D sont les deux nutriments phares lorsque l’on aborde la santé osseuse, tant pour le développement de la masse osseuse que pour ralentir sa diminution qui survient avec l’âge. En réalité, il y a bien d’autres facteurs qui peuvent exercer leur influence, facteurs qui ne sont pas forcément à voir isolément, mais dans un contexte plus large que celui du type d’alimentation. Les connaissances sur les effets des différents types d’alimentation sur la densité minérale osseuse (BMD), le risque fracturaire et le métabolisme osseux restent cependant encore largement inconsistantes. C’est pour tenter d’y voir plus clair sur ce sujet qu’une équipe de scientifiques du Royaume-Uni a réalisé une revue systémique. Ils se sont focalisés plus précisément sur 5 types d’alimentation courants : l’alimentation méditerranéenne, la restriction calorique, le régime riche en protéines, le régime pauvre en glucides et le régime cétogène.
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Santé osseuse et alimentation méditerranéenne
Cette revue a passé au crible les études publiées entre janvier 2000 et juin 2025. Ont été inclus les essais contrôlés randomisés (14) et les études de cohorte (16) éligibles qui rapportaient des résultats liés à la DMI, aux fractures, aux marqueurs du renouvellement osseux et au statut en vitamine D ou en calcium.
Les auteurs n’ont retrouvé aucune différence significative de la BMD au niveau du col du fémur, de la colonne lombaire, de la hanche ou de l’ensemble du corps entre les différents régimes. Cependant, l’adhésion a une alimentation méditerranéenne était associée à une réduction significative du risque de fracture de la hanche et de fractures dans leur ensemble. Ceci s’accorde avec ce que d‘autres travaux avaient déjà rapporté. Le mécanisme le plus plausible, selon les chercheurs, réside dans les apports plus importants en fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, poissons et huile d’olive qui, ensemble, apportent calcium, magnésium, vitamine K, potassium, polyphénols et constituants dotés de propriétés anti-inflammatoires.
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La restriction calorique restreint l’os
Les résultats sont en revanche plus contrastés pour les autres types d’alimentation. Des effets clairement défavorables apparaissent pour la restriction calorique, avec un effet clair et concordant sur les marqueurs du remodelage osseux : les marqueurs de la résorption osseuse sont augmentés, ceux de la formation osseuse sont diminués.
Pour l’alimentation pauvre en glucides et le régime cétogène, les résultats sont mitigés et limités en raison de la faible taille des échantillons et d’une durée trop courte de suivi. Bien que certaines études rapportent une réduction du renouvellement osseux pour le régime cétogène, les données ne permettent actuellement pas de tirer de conclusion.
Enfin, pour l’alimentation riche en protéines, les résultats sont aussi contrastés : généralement elle montre une association plutôt favorable avec la BMD au niveau de la hanche et du fémur. Les auteurs attirent néanmoins l’attention sur le fait que dans ces études, la qualité des protéines devrait également être prise en compte, aux côtés de la quantité. Et qu’une alimentation riche en protéines doit impérativement être accompagnée de suffisamment de calcium et d’aliments alcalinisants (comme les fruits et légumes), au risque de voir la charge acide avoir des effets néfastes, tout au moins dans certains groupes plus vulnérables.
Les auteurs soulignent aussi que dans leur revue, le statut en calcium et en vitamine D ne change que peu selon les différents régimes.
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Mullath Ullans A et al. Nutrients 2025,17(24) ;3845; https://doi.org/10.3390/nu17243845Source