Notre rythme de vie effréné nous empêche d’accorder suffisamment de temps aux repas. Nous avalons vite quelque chose sans y prêter trop attention. Cependant, manger de manière consciente semble être bon pour la santé. Mais comment combiner une vie active avec une alimentation consciente ? La diététicienne et autrice Hella Van Laer nous propose une solution !
L’alimentation consciente (ou manger en pleine conscience) plonge ses racines dans la pratique bouddhiste de la pleine conscience. Lorsqu’on pratique la pleine conscience, on focalise intentionnellement son attention sur le moment présent. On est pleinement attentif à ses pensées, ses émotions, ses sensations corporelles et à l’environnement qui nous entoure sans porter de jugement. Et cela, quelle que soit l’expérience que nous vivons.

L’alimentation consciente implique donc que l’on se concentre à 100 % sur le seul fait de manger. On regarde sa nourriture, on sent les odeurs, les textures et les goûts, on prend le temps de bien mâcher et on avale en conscience.
Les avantages de l’alimentation consciente
La diététicienne et autrice Hella Van Laer est une grande partisane de l’alimentation consciente. « L’alimentation consciente nous aide à ralentir. Nous prenons le temps de manger et nous profitons plus des repas. » Hella indique que l’alimentation consciente a aussi de nombreux avantages. « En mangeant lentement, on avale moins d’air et plus de salive, ce qui a un impact positif sur la digestion. On permet également au cerveau de recevoir le signal de satiété et on évite ainsi de trop manger. A côté de cela, l’alimentation consciente nous incite à nous demander pourquoi nous mangeons. Est-ce que je le fais pour nourrir mon corps ou pour satisfaire un autre besoin (p.ex. un besoin de calme ou de connexion) ? »
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L’alimentation consciente dans notre société actuelle
Outre l’alimentation consciente, il existe aussi l’alimentation intuitive. Dans l’alimentation intuitive, on fait également appel à son ressenti. L’objectif est d’écouter son corps. On mange lorsqu’on a faim et ce dont le corps a besoin. On peut manger ce que l’on veut car il n’y a pas d’interdiction. « Cela peut être risqué car cela peut inciter certaines personnes, notamment celles qui sont sensibles à la dépendance, à abuser des aliments ultra-transformés par exemple », prévient Hella.
Certaines études suggèrent en effet que l’alimentation consciente pourrait avoir un effet positif sur les troubles alimentaires (boulimie, alimentation émotionnelle) et la gestion du poids¹. Dans notre société actuelle, il est toutefois difficile de pratiquer l’alimentation consciente de manière systématique. « Les gens n’ont tout simplement pas le temps. Ils courent toute la journée et n’ont pas ou n’accordent pas assez de temps à leurs repas. Beaucoup de personnes focalisent leur attention sur autre chose que sur le fait de manger : elles scrollent sur leur gsm, regardent la télé ou lisent le journal. On mange aussi par habitude ou de manière impulsive et bien souvent, on mange beaucoup trop. A tel point qu’à la fin de la journée, on ne sait plus tout ce qu’on a mangé. »
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Des solutions pour manger de manière plus consciente
En tant que diététicien ou diététicienne, vous pouvez encourager vos patients à avoir une approche plus consciente de leur alimentation en leur donnant quelques conseils simples :
- Essayez de terminer votre repas en dernier
- Déposez votre fourchette entre deux bouchées
- Essayez de mâcher 10 fois avant d’avaler et ne prenez la bouchée suivante qu’une fois que votre bouche est complètement vide
Hella est allé un pas plus loin est a développé une application : SoWeEat. « L’application permet, à chaque repas, de prendre un petit moment pour analyser ce que l’on s’apprête à manger. Est-ce que c’est sain ou pas ? Si ce n’est pas sain, pourquoi est-ce que je veux manger ça ? »
L’objectif de l’application est aussi de pouvoir reprogrammer son cerveau afin d’être plus conscient de ce que l’on mange sans devoir manger tout son repas en pleine conscience. Elle permet également de voir où on se trouve par rapport à la règle des 80/20 (80 % d’aliments sains et 20 % d’aliments pour le plaisir). « Tout est une question d’équilibre », dit Hella. « Si vos habitudes quotidiennes sont bonnes dans les grandes lignes et que vous mangez environ 80 % d’aliments sains, vous pouvez vous permettre de temps en temps de profiter consciemment d’aliments moins sains.
Malheureusement, cet équilibre n’est pas atteint aujourd’hui. De plus en plus de personnes ont une alimentation déséquilibrée. Elles ne mangent pas plus parce qu’elles en ont vraiment envie mais plutôt par pulsion, par manque de sommeil ou parce qu’elles sont stressées. »
Par ailleurs, l’application offre la possibilité de suivre sa consommation de boissons. « Certaines personnes peuvent ainsi se rendre compte qu’elles ne boivent pas suffisamment d’eau, qu’elles boivent trop de café par automatisme ou qu’elles n’ont pas du tout conscience de leur consommation d’alcool lors de sorties », ajoute Hella.
Cet outil peut également s’avérer très utile pour les professionnels de la santé. Les diététiciens et médecins généralistes peuvent facilement se connecter au journal alimentaire de leurs patients et avoir une vue sur leur comportement alimentaire.
Vous souhaitez en savoir plus sur l’application SoWeEat ?
Rendez-vous sur www.soweeat.com
Source
¹ Tapper Katy (2022). Mindful eating: what we know so far. Nutrition Bulletin, June 2022, 168-185.
https://doi.org/10.1111/nbu.12559